Au moment de s’installer, puis à chaque étape de sa carrière, l’avocat se pose la même question : faut-il exercer seul, ou créer une société ? Le choix de la structure a des conséquences directes sur votre fiscalité, vos cotisations sociales, votre responsabilité et la façon dont vous pourrez vous associer. Voici les options qui s’offrent à vous, de l’exercice individuel à la SELARL ou à la SELAS, et les critères pour décider.

L’exercice individuel : la simplicité
C’est la forme la plus courante en début d’exercice. Vos honoraires sont des bénéfices non commerciaux (BNC) : vous tenez une comptabilité de recettes et de dépenses et vous déposez chaque année une déclaration 2035. Votre bénéfice est soumis à l’impôt sur le revenu et sert de base à vos cotisations sociales.
- Avantages : formalités réduites, coûts de gestion faibles, souplesse.
- Limites : l’ensemble du bénéfice est imposé et soumis à cotisations, même la part que vous laissez dans le cabinet ; l’association avec d’autres avocats suppose une structure dédiée.
Exercer en commun : AARPI, SCP, SELARL ou SELAS
Pour exercer à plusieurs, la profession dispose de plusieurs formes. L’AARPI (association d’avocats à responsabilité professionnelle individuelle) est appréciée pour sa souplesse : chaque associé reste imposé en BNC sur sa quote-part. La SCP (société civile professionnelle) existe également, même si elle est aujourd’hui moins choisie.
La SELARL : la société d’exercice libéral la plus répandue
La SELARL fonctionne comme une SARL adaptée aux professions libérales. Elle est en principe soumise à l’impôt sur les sociétés. Depuis la réforme de l’imposition des associés de sociétés d’exercice libéral, la rémunération perçue pour votre activité d’avocat au sein de la société relève en principe des BNC : vous la déclarez sur une 2035 personnelle.
- Intérêts : possibilité de laisser une partie des résultats dans la société, de s’associer facilement, de préparer une transmission.
- Points d’attention : comptabilité de la société en plus de vos déclarations personnelles ; pour un gérant majoritaire, une partie des dividendes peut être soumise à cotisations sociales.
La SELAS : plus de liberté statutaire
La SELAS reprend le fonctionnement d’une SAS. Ses statuts sont plus libres, ce qui facilite l’organisation des pouvoirs et l’entrée de nouveaux associés. Le régime social et fiscal de vos rémunérations dépend de votre situation : il doit être examiné au cas par cas avant de choisir cette forme.
SELARL ou SELAS : comment choisir ?
Il n’existe pas de réponse unique. Quatre questions orientent le choix :
- Quel est votre niveau d’honoraires aujourd’hui, et dans trois ans ?
- Souhaitez-vous laisser une partie des résultats dans la structure pour investir ?
- Avez-vous un projet d’association, ou de reprise d’un cabinet ?
- Quel niveau de rémunération et de protection sociale recherchez-vous ?
Le plus sûr est de comparer les scénarios chiffrés avant de décider : impôt, cotisations, revenu disponible. C’est ce que nous faisons, en tant qu’expert-comptable pour avocats à Lyon, avec les avocats que nous accompagnons.